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J'ai toujours révée de voir une chorégraphie de Pina Bausch mais depuis des années c'était impossible d'obtenir une seule petite place. Alors cette fois, nous avons activé notre réseau et  miracle, une copine nous dégote deux places à l'orchestre au second rang en plein centre, je suis comblée.

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Affluence record à l'Opéra Garnier, le moindre strapontin est pris. Le rideau se lève, pile à l'heure , sur un décor dépouillé un arbre mort jonché sur le sol, pur "Land Art", le style contemporain de la chorégraphe allemande. Dès le premier pas de danse d'Orphée interprété par le premier danseur Florian Magnenet , c'est un enchantement. Pourtant l'argument n'est pas joyeux; c'est même un thème de la mythologie grecque, très tragique. Eurydice tuée par un serpent au lendemain de ses noces, sauvée une première fois des Enfers par Orphée, succombe à nouveau car son époux n'a pas respecté la divine consigne de ne pas la regarder avant de rejoindre la lumière.

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 ©Agathe Poupenet/ OnP

Mais Pina Bausch, savait mieux que personne, traduire par la gestuelle, la douleur et la violence . La musique de Gluck est émouvante et l'étoile Alice Renavand, qui interprête Eurydice est d'une grâce incroyable. Les danseurs sont dédoublés par deux chanteuses présentes sur scène Maria Riccarda Wesseling et Yun Jung Choi, toutes de noir vêtues. La scène où l'étoile est prise de tremblements convulsifs est terrifiante mais esthétiquement belle. La danseuse Charlotte Ranson qui figure l'Amour est, elle aussi aérienne.  Les tableaux s'enchainent et l'on est surpris de se trouver déjà à l'entracte. Dans le quatrième et dernier tableau "la mort", Florian Magnenet est sublime ! Entre tension et abandon, il évolue seulement vêtu d'un slip chair, tel un héros antique. Dans le tableau final, le danseur reste un long moment agenouillé de dos au fond de la scène et sa musculature saillante évoque les sculptures de Rodin. Alice Renavand danse le final dans une robe rouge flamboyante qui souligne encore la perfection de la chorégraphie. Envoutant et SPLENDIDE! Un quart d'heure d'applaudissements bien mérité pour les danseurs et l'orchestre. Pina Bausch, on en redemande.

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 ©Agathe Poupenet/ OnP

jusqu'au 21 mai, à l'Opéra Garnier.

https://www.operadeparis.fr/