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Le Jeu de Paume n'en finit plus de nous faire découvrir les photographes de la diaspora hongroise des années trente, contrainte à l'exil et c'est un bonheur pour tous les amateurs parisiens. Kati Horna appartient donc à ces générations de talents comme Capa, Besnyo, Berko, Brassaï, Kertesz qui ont choisis de s'exiler  pour échapper à la botte des nazis. La mise à l'honneur d'une femme photographe est aussi à saluer car bien peu sont passées à la postérité. Pourtant lorsque Kati Horna nait en 1912  dans les environs de Budapest,dans une famille de banquiers juifs, rien ne laisse augurer de son futur destin mouvementé. Elle grandit entourée d'amis dont Endre Friedman ( Robert Capa), Alexandre Trauner, Chiki Weisz et Eva Besnyo mais la grande Histoire va bouleverser son existence dorée.

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© archives Horna- portrait de Kati Horna dans l'atelier de Pesci

Elle dira:" J'ai fui la Hongrie, j'ai fui Berlin, j'ai fui Paris, j'ai tout laissé à Barcelone... quand Barcelone est tombé , j'ai de nouveau tout perdu. Je suis arrivée dans un cinquième pays, au Mexique, avec mon Rolleiflex en bandoulière, je n'ai rien pu emporter d'autre..."

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Kati est initiée  à la photo à Berlin en 1932 où elle cotoie le Bauhaus de Lazlo Moholy- Nagy puis elle poursuit sa formation à Budapest  dans l'atelier de Jozsef Pesci avant d'épouser le style des avant-gardes à Paris où elle se réfugie en 1933.

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© archives Horna- portrait de Robert Capa dans l'atelier de Pesci

Puis sur les pas de Capa et Gerda Taro, Kati Horna s'engage dans le photo-reportage et couvre la guerre d'Espagne en 1937. Elle y rencontre  l'artiste andalou José Horna qui deviendra son mari. Avec lui, elle produit des séries de photomontages, collages et flirte avec l'univers Surréaliste. Sa série sur les cafés parisiens, celle sur les objets et les poupées, réalisée en 1938, évoque  fortement le style de son ainé Brassaï . Mais on aime surtout sa série Hitlerei composée avec des oeufs, percutant !

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© archives Horna

Fuyant l'Europe en 1939, le couple embarque pour New York puis poursuit jusqu''à Mexico. C'est dans ce pays, qu'il pose définitivement leurs valises. Leur appartement deviendra le point de rencontres de l'élite culturelle et Kati Horna continuera sa brillante carrière de photo-reportage, collaborant à de nombreuses publications. Elle enseignera aussi la photographie jusqu'à ses derniers jours en 2000. La rétrospective du Jeu de Paume révèle donc l'ensemble de son oeuvre méconnue en France. La présentation chronologique retrace ces cinq grandes étapes dans cinq pays. Un diaporama trop discret présente le travail en couleurs presque abstrait qui rappelle les oeuvres en couleurs de Ferenc Berko. 

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Que serait l'histoire de la photographie  internationale sans cette brillante diaspora hongroise ?  En tous cas , Kati Horna méritait bien d'être aux cimaises du Jeu de Paume, Bravo !

http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=2010

du 03 juin au 21 septembre 2014