la Maison Rouge, tout sur le Mur

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Depuis 10 ans déjà, la fondation d’Antoine de Galbert installée à la Maison Rouge crée l’événement avec ses expositions hors du commun. Pour l’anniversaire de cette décennie, le fondateur expose les 1200 pièces de sa collection. Je vous entends murmurer et alors, où est l’originalité ? Sur le MUR! Je m’explique.  Pour refléter l’éclectisme de ses choix, Antoine de Galbert a procédé à un accrochage totalement aléatoire et c’est cela qui est spectaculaire. Le collectionneur s’en est remis à un logiciel qui a déterminé le positionnement de chaque oeuvre sur les murs de la fondation uniquement en numérisant les dimensions des pièces afin d’optimiser la place . Un “remplissage ” ( je ne trouve pas d’autres termes) maximum sans aucune  hiérarchie chronologique, thématique ou genre sur 200 m de linéaire.

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© Marc Domage

 Lorsque l’on commence cette drôle de visite, on est stupéfait par le téléscopage des oeuvres et dérouté car il n’y a aucune légende. Il faut se laisser aller et ressentir  un peu comme dans une salle des ventes. Dès la deuxième salle, on se prend au jeu des devinettes pour reconnaitre les signatures des peintres et des photographes et l’on se précipite comme des enfants sur les bornes interactives de chaque salle, satisfait de découvrir sur l’écran informatique, les réponses à ce test  géant de connaissances. Est-ce une bonne formule ? En tout cas, cela fait réfléchir les visiteurs et si l’on participe à fond, c’est pour tout dire, fatigant. J’ai eu l’étrange impression d’être une visiteuse du “Salon des Champs Elysées” en 1900, cherchant à discerner les talents des oeuvres secondaires, l’oeil à l’affut du chef d’oeuvre. C’est aussi une façon astucieuse de faire comprendre la démarche d’un collectionneur, confronté à des multitudes de propositions. Qu’acheter ? Que conserver ? Bien sûr, certaines toiles souffrent de ces rapprochements aléatoires. Des petits formats de dessins  se retrouvent perchés en haut du mur, de grandes toiles tout en bas, des photos intimistes à côté de grands formats colorés… Les aléas de l’informatique, l’intelligence atificielle au pouvoir !

Je vous conseille vivement d’acheter le catalogue, un dépliant de 120 pages. Au recto, Galbert explique son parcours; C’est passionnant et sincère et cela éclaire vraiment la visite de sa collection. Au verso, on retrouve l’intégralité des oeuvres exposées comme une longue frise, un objet collector !

IMG_2360 “En collectionnant, nous esquissons un autoportrait. La collection est une introspection, un voyage intérieur” écrit Antoine de Galbert. L’exposer c’est donc inviter les visiteurs à partager son espace mental intime ?  Un pari  aussi osé qu ‘époustouflant même si l’on ne partage pas toutes les passions de ce  collectionneur généreux.

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 Au final difficle de se laisser séduire par une oeuvre, un dessin, une photographie tant les voisinages sont perturbants mais cette expo ne laisse pas indifférent et j’y retournerai surement car il est impossible de tout voir, ou  regarder en une seule fois. Plus de 500 artistes quand même sont confrontés dans ce savoureux jeu de hasard, inédit !

 

 

Jusqu’au 21 septembre 2014,  10, bd. de la Bastille – 75012 Paris

T. 01 40 01 08 81 — F. 01 40 01 08 83     

http://www.lamaisonrouge.org/cgi?usr=jenu4a2m4c&lg=fr&pag=2342&rec=0&frm=0&id=3259&flux=67844971

 

 

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